IMMIGRATION

8 septembre, 2009

L’immigration désigne l’entrée, dans un pays, de personnes étrangères qui y viennent pour y séjourner et y travailler. Le mot immigration vient du latin immigrare qui signifie « pénétrer dans ». Elle correspond, vue du côté du pays de départ, à l’émigration.

Dans le cas des frontaliers, les migrations peuvent être quotidiennes.

Les raisons de l’immigration

Pour le migrant, l’immigration peut avoir une ou plusieurs raisons :

  • professionnelle (mission de longue durée à l’étranger) et études ;
  • politique (réfugié politique fuyant les persécutions) ;
  • sécuritaire, notamment en cas de guerre dans le pays d’origine ;
  • économique (habitant de pays pauvres cherchant un meilleur niveau de vie dans les pays riches, éventuellement temporairement) ;
  • personnelle (volonté de s’installer dans un pays par goût, par exemple si l’on se reconnaît dans ses valeurs) ;
  • familiale (rejoindre le conjoint, l’enfant déjà installé).
  • fiscale (l’installation dans un pays offrant un niveau d’imposition moins élevé)

Pour les États, l’immigration peut permettre de faire face à un déficit des naissances ou encore assurer une quantité ou qualité de main-d’œuvre suffisante. Toutefois, l’immigration illégale va au-delà des souhaits des pays d’arrivée.

Aujourd’hui, les flux de migrations sont orientés aussi bien des pays en développement vers les pays développés que d’un pays développé vers un autre[1]. Les plus forts taux de travailleurs immigrés dans la population active se retrouvent dans les pays du Golfe persique : 90 % aux Émirats arabes unis, 86 % au Qatar, 82 % au Koweït.

Un migrant peut ne pas être en règle au regard de la législation sur l’immigration en vigueur dans le pays de destination.

 

Politique d’immigration et données statistiques 

Données générales

D’après le rapport du Secrétaire général des Nations unies sur les migrations internationales et le développement, remis en 2006[1], le monde compterait près de 200 millions de migrants. Un tiers environ se sont rendus d’un pays en développement vers un autre et un autre tiers d’un pays en développement vers un pays développé.

Amérique du Nord  

Canada

Article détaillé : Immigration au Canada.

Après examen d’un dossier dépendant de l’attribution de points suivant la profession, l’âge, les langues maîtrisées, etc. Le Canada est un pays bien connu pour sa population biculturelle (francophone, anglophone).

Les villes de Toronto, Ottawa, Montréal et Vancouver sont connues pour leur accueil chaleureux envers les immigrants[réf. nécessaire]. Parmi les plus grandes communautés immigrantes, il y a les Marocains, les Algériens, les Tunisiens, les Chinois, les Ukrainiens ,les Italiens et les Haïtiens[réf. nécessaire].

États-Unis   

Article détaillé : Immigration aux États-Unis.

Près de huit millions de personnes se sont installées aux États-Unis entre 2001 et 2005, légalement ou illégalement, selon le Centre d’étude de l’immigration. C’est un rythme de 2,5 supérieur à celui de la grande vague d’Européens arrivés autour de 1910 sur le Nouveau Continent.

Les États-Unis accordent environ 675 000 visas aux immigrants chaque année, mais ceux-ci sont limités à 20 000 par pays. La règle est celle de l’ordre chronologique des demandes ; il existe deux grandes causes principales d’immigration : le regroupement familial et la recherche d’un travail.

Depuis 1990, l’organisation passe aussi par l’attribution ou non de carte verte donnée à l’issue d’une loterie due à une forte demande. La carte verte n’est cependant utile que pour devenir salarié aux États-Unis, pas pour y créer une entreprise ! C’est parce qu’il ne pouvait pas obtenir de carte verte que Philippe Kahn, qui désirait rester aux États-Unis, a créé la société Borland International (avec succès).

En raison d’une tradition de droit du sol, tout enfant né sur le territoire des États-Unis peut être déclaré citoyen américain. Le mariage avec une personne de nationalité américaine ne confère pas en revanche par ce seul fait la nationalité de ce pays.

En 2006, 1,2 millions de clandestins ont été arrêtés en tentant d’entrer aux États-Unis via le Texas, l’Arizona, le Nouveau-Mexique et la Californie.

Europe

Article détaillé : Immigration en Europe.

Si la plupart des pays européens sont aujourd’hui des terres d’immigration, la situation est très différente d’un pays à un autre. Dans les pays d’Europe du Sud, l’immigration, plus récente, concerne surtout l’agriculture, le bâtiment et les services alors qu’elle est plus diversifiée dans les pays d’Europe du Nord, où le regroupement familial favorise par ailleurs la constitution de communautés.

Les droits des immigrés dépendent du pays d’accueil et de celui d’origine ; les pays de l’Union accordent (sous conditions minimales, la plus courante étant la réciprocité) un droit de vote et d’éligibilité aux résidents étrangers pour les élections locales aux citoyens des autres pays de l’Union ; certains pays l’accordent aussi à des citoyens d’autres pays.

L’importance de la nationalité et la façon dont elle s’acquiert est un autre paramètre très variable et très important, avec grosso modo trois approches :

  • droit « du sol » (exemple : tradition française bien antérieure à la Révolution)
  • droit « du sang » (exemple : tradition germanique)
  • manifestation de volonté et décision des autorités (exemple : tradition britannique basé sur le passeport accordé de façon très libérale )

Ceci affecte directement la quantité et la proportion d’immigrés, chaque pays adoptant ses propres normes pour les identifier et les compter. Ceci étant précisé, les pays de l’Union européenne comptaient en 2004 environ 25 millions de ressortissants non-nationaux, soit près de 5,5 % de la population totale, d’après Eurostat [2],

Ainsi pour les pays de plus de 10 millions d’habitants :

Pays Nationaux (x1000) Non-nationaux : x1000 et % Pays d’origine le plus représenté
Allemagne 75 190 7 342 8,9% Turquie
Espagne 39 426 2 772 6,6% Maroc
France 55 258 3 263 5,6% Maroc
Grèce 10 149 891 8,1% Albanie
Italie 55 898 1 990 3,4% Albanie
Pays-Bas 15 556 702 4,3% Turquie
Pologne 37 530 700 1,8% Allemagne
Portugal 10 169 239 2,3% Cap-Vert
Royaume-Uni 55 636 2 760 4,7% Irlande
République tchèque 10 016 195 1,9% Ukraine

Espagne  

Longtemps pays d’émigration vers l’Europe et l’Amérique latine, l’Espagne est devenue une terre d’accueil dans les années 1980. Il y avait officiellement 3,7 millions d’immigrés en 2005[3]. Les principaux pays d’origine des immigrants sont le Maroc, l’Équateur et la Roumanie.

L’Espagne est un lieu de destination de transit pour les immigrés clandestins en provenance d’Afrique. Elle doit faire face à une arrivée massive de clandestins africains sur les îles Canaries. Au cours des cinq premiers mois de 2006, plus de 7500 immigrés clandestins ont débarqué sur les côtes de cet archipel espagnol[4]. Le Premier ministre a du répondre aux attaques de l’opposition sur cette question et a demandé le soutien de l’Union européenne. Celle-ci a promis l’envoi de patrouilles aéronavales afin de surveiller la région. D’autre part, le gouvernement espagnol a renforcé sa collaboration diplomatique avec les pays d’Afrique de l’Ouest. Le journal La Razon a révélé que sur les quatre premiers mois de 2006, 60 000 Roumains et Bulgares étaient arrivés en Espagne. Il a rappelé que l’immigration la plus importante venait d’Amérique latine et d’Europe centrale.

L’Espagne a procédé à plusieurs opérations de régularisation d’immigrés clandestins depuis les années 1980. La dernière opération en date, lancée par le gouvernement Zapatero, a abouti à la régularisation de 700 000 personnes entre février et mai 2005. Certains pays membres de l’espace de Schengen, comme l’Allemagne ou les Pays-Bas, ont critiqué cette mesure car les immigrés munis de papiers attribués par l’Espagne peuvent ensuite circuler librement dans les autres pays[5]. Ces régularisations massives provoqueraient par ailleurs un « appel d’air ».

France

Article détaillé : Immigration en France.

Italie 

Pays d’émigration jusqu’aux années 1960, l’Italie est devenu progressivement une terre d’immigration. Depuis les années 1990, l’Italie a ainsi accueilli de nombreux réfugiés en provenance de l’ex-Yougoslavie et du Kosovo, ainsi que de Somalie. Le nombre officiel d’immigrés était de 3 millions fin 2005 [6].

L’Italie fait aussi face à des vagues d’immigration clandestine, en particulier par voie de mer : Albanais sur la côte des Pouilles, Africains sur l’île de Lampedusa au sud du pays. Le gouvernement Berlusconi (2001-2006) a mis en place des vols charters vers les pays d’origine et a tenté de lutter contre l’arrivée d’immigrés clandestins par bateau. En 2005, 207 bateaux ont été arraisonnés par les autorités italiennes à proximité du littoral, sur un total estimé de 22 000 immigrés clandestins [7]. Par ailleurs, le gouvernement a régularisé 690 000 clandestins en 2003.

En 2002, la loi Bossi-Fini a mis en place un système de quotas qui déterminent chaque année le nombre d’immigrés que l’Italie peut accueillir en fonction des besoins du marché du travail et de ses capacités d’intégration économique. La loi a aussi instauré un fichier d’empreintes génétiques pour les demandeurs de visas. En 2006, 170 000 immigrés pourraient ainsi entrer légalement en Italie[8].

Le gouvernement de Romano Prodi, entré en fonction au printemps 2006, a annoncé sa volonté de revenir sur la plupart des dispositions de la loi Fini-Bossi et de faciliter l’obtention de la citoyenneté italienne. Il n’y est pas parvenu et après les élections du 13 et 14 avril 2008, le quatrième gouvernement Berlusconi est entré en fonction le 9 mai 2008. Ce gouvernement considère l’introduction du crime d’immigration clandestine et d’autres mesures facilitant les expulsions des immigrés irréguliers

Pays-Bas

Aux Pays-Bas, les étrangers doivent passer un test d’immigration sur la culture et la langue néerlandaises. Les cours de langue sont obligatoires et gratuits pour les nouveaux arrivants. Un projet de loi prévoit de faire passer ce test à des immigrés présents depuis longtemps sur le sol des Pays-Bas. La municipalité de droite de Rotterdam a édicté en janvier 2006 un code de bonne conduite aux étrangers qui leur impose d’utiliser le néerlandais dans les lieux publics[8]. Depuis le changement de majorité, l’application en est suspendue.

Royaume-Uni 

Article connexe : Droit de la nationalité et de la citoyenneté britannique.

Le Royaume-Uni a connu une immigration importante en provenance de ses anciennes colonies après la fin de la Seconde Guerre mondiale et la fin de l’Empire britannique. Les ressortissants des anciennes colonies britanniques, regroupées dans le Commonwealth, gardaient le titre de « citoyen britannique » qui leur permettait de venir et de travailler librement au Royaume-Uni.

À la fin des années 1950, les premières tensions apparaissent entre immigrés et Britanniques de souche dans certains quartiers comme Notting Hill à Londres. Les problèmes économiques rencontrés par le Royaume-Uni au cours de la décennie suivante la poussent à mettre en place les premières mesures de restriction de l’immigration. Les habitants du Commonwealth ne peuvent plus venir s’installer librement sur le sol britannique. Dès la fin des années 1960 l’immigration nouvelle commence à diminuer au profit du regroupement familial.

Dans le même temps, le gouvernement mène une politique de lutte contre les discriminations qui, contrairement aux politiques françaises, se base sur la reconnaissance des catégories ethniques. L’appartenance ethnique figure ainsi sur les recensements de la population. Une Commission for Racial Equality (CRE) lutte contre les discriminations et pour l’intégration des personnes de toutes races. Indépendante du gouvernement, cette commission favorise la représentation des minorités ethniques dans la vie publique. Elle décerne un prix annuel de la personnalité médiatique, remis en 2005 au footballeur Thierry Henry.

Ce modèle multiculturaliste fait actuellement l’objet de débats importants au Royaume-Uni. On lui reproche d’entraîner la création de communautés ethniques mal intégrées dans la société, critique renforcée après les attentats de juillet 2005 à Londres dont plusieurs des principaux suspects étaient des citoyens du Royaume-Uni. Le gouvernement de Tony Blair envisage ainsi de modifier le statut des demandeurs d’asile en leur accordant un droit de séjour limité à 5 ans et non permanent. Il souhaite aussi favoriser une immigration des élites en délivrant des permis de séjour et de travail en fonction de l’âge, de la qualification professionnelle des postulants, de leur expérience et de leur connaissance de l’anglais…

Russie

La Russie souhaite restreindre le nombre de ressortissants des pays de la CEI à six millions contre onze millions actuellement[9].

En 2007, la dernière loi sur l’immigration permet entre autres de limiter le travail des ONG, notamment lorsqu’il s’agit d’étrangers militants des droits de l’homme[10].

Fin 2008, la Russie comptait quelque 10 millions d’immigrés[11].

Afrique du Sud [modifier]

Après la fin de l’apartheid, l’Afrique du Sud a commencé à accueillir des réfugiés venant d’autres pays africains (notamment des pays immédiatement voisins), souvent clandestins[12]. Le gouvernement a mis en place une politique stricte vis-à-vis de l’immigration illégale : un million de personnes ont été reconduites à la frontière dans les années 1990[13].

L’immigration clandestine 

Article détaillé : immigration illégale.

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Un fort différentiel économique explique en partie l’immigration clandestine. Ici le mur de Nogales qui sépare à gauche les États-Unis et à droite le Mexique.

L’immigration clandestine concerne les habitants de pays pauvres cherchant un meilleur niveau de vie dans les pays plus riches et grand delta de démographie, ou des immigrants politiques non reconnus.

L’immigration clandestine se fait donc illégalement : les clandestins prennent fréquemment des risques importants pouvant mettre leur propre vie en péril afin de rejoindre des pays présentant des conditions de vie qu’ils espèrent meilleures. Ils n’hésitent donc pas à tout abandonner pour tenter l’aventure souvent « aidés » dans cette entreprise par des passeurs peu honnêtes leur faisant payer un prix exorbitant pour leur fournir les moyens de franchir les obstacles naturels (mers, montagne, fleuve, etc.) ou humains (poste frontière) dans des conditions de sécurité extrêmement précaires.

 

Notes et références [modifier]

  1. ab [pdf] Rapport du Secrétaire général sur les migrations internationales et le développement [1] [archive], Nations unies, 2006.
  2. Voir une [pdf] Note statistique sur les populations non nationales dans les États membre de l’UE [archive] (mars 2006).
  3. Le Monde, 6 juin 2006 : « L’immigration en Europe : durcissement quasi général ».
  4. « Face à l’afflux d’immigrés clandestins, le gouvernement espagnol en appelle à l’Europe  » dans Le Figaro, web, 24/05/2006 [archive]
  5. Marc Semo, « La forteresse Europe se barricade avec des mesurettes » dans Libération, 27/05/2006 [lire en ligne [archive]]
  6. Le Monde, 6 juin 2006 : L’immigration en Europe : durcissement quasi général.
  7. « 460 clandestins arrêtés en Sicile » dans Le Nouvel Obs, 24/05/2006 
  8. ab Emission de la 5, C dans l’air, 14 mars 2006
  9. « La politique des quotas d’étrangers menace la CEI d’éclatement », dans Courrier international du 24 janvier 2007, [lire en ligne [archive]]
  10. http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3214,36-964255@51-954387,0.html [archive] En Russie, les lois sur l’immigration entravent la libre circulation et le travail des ONG LE MONDE | 08.10.07 | 15h50 • Mis à jour le 8 octobre 07.
  11. Marie Jégo, « Les immigrés en Russie, victimes expiatoires de la crise », dans Le Monde du 14 décembre 2008, [lire en ligne [archive]], mis en ligne le 13 décembre 2008.
  12. François-Xavier Fauvelle-Aymar, Histoire de l’Afrique du Sud, Paris, Seuil, 2006, (ISBN 2020480034), p.159-160
  13. François-Xavier Fauvelle-Aymar, Histoire de l’Afrique du Sud, Paris, Seuil, 2006, (ISBN 2020480034), p.160

 

8 septembre, 2009

Haute technologie et avantage compétitif

Pour les technologies fondées sur des percées scientifiques récentes on parle habituellement de haute technologie ou nouvelles technologies. Ce domaine peut ou non apporter un avantage compétitif aux entreprises et zones géographiques (pôle de compétence) qui ont su y acquérir une avance : tout dépend du rapport performances/prix offert par l’avance en question, ainsi que de son triangle coûts/délais/qualité. Les exemples de sociétés ayant pris des faux-départs pour avoir eu trop d’avance sur le marché (Viatron, Exidy, Archimedes, AIXtron…) semblent tout aussi spectaculaires que celles de sociétés ayant acquis au cours du temps une position dominante sans être arrivées pour autant premières chronologiquement sur le marché (IBM face à UNIVAC, par exemple). Être le premier procure des avantages mais aussi des risques importants.

Avantages

  • Absence de concurrence.
  • Reconnaissance envers le pionnier.
  • Développement de l’humanité (satisfactions de ses besoins fondamentaux).
  • Facilite la vie.

Inconvénients

  • Les techniques sont jeunes et mal connues : il faut « essuyer des plâtres », entreprendre un effort d’information des clients potentiels.
  • Les standards ne sont pas établis, ce qui peut obliger ensuite à de coûteuses reconversions pour mettre sa production en conformité.
  • Lorsque les règles d’évaluation du retour sur investissement ne sont pas claires, cela peut désavantager des solutions qui s’avéraient intéressantes en théorie.
  • La technologie nouvelle peut être à l’origine de pollutions.
  • Certaines technologies peuvent être dangereuses pour l’humanité.

Exemples

  • Pour s’être équipée avec retard en lignes téléphoniques, la France a pu se doter rapidement d’un réseau totalement temporel (multiplexé) sans être handicapée par le poids d’un trop important équipement spatial existant.
  • La forte implantation du Minitel en France a pendant plusieurs années retardé l’arrivée massive d’Internet (Internet est le réseau informatique mondial qui rend accessibles au public des services comme le courrier électronique…) dans les foyers français.
  • La nécessité d’amortir la très coûteuse technique à miroir tournant pour ses imprimantes à laser (L’effet laser est un principe d’amplification cohérente de la lumière par émission stimulée. Laser est l’acronyme…) a fait perdre à IBM ce marché au profit de Canon et Xerox qui sont partis plus tard sur une idée de diodes laser fixes.
  • Cette même compagnie dut abandonner en cours d’études sa technologie FS qui n’eut que quelques retombées ultérieures sur certains produits dans le cadre des technologies existantes (imprimantes à laser, mémoires de masse à changement automatique, usage généralisé des bases de données relationnelles au système de fichiers, etc.).
  • L’avance de l’Angleterre et de la France dans le domaine du transport civil supersonique avec le superbe et efficace Concorde, s’est révélée un désastre financier.
  • Celle de l’Europe dans le domaine du transport aérien (Airbus) ou des lanceurs de satellites (Ariane) ont en revanche constitué de francs succès, qui va peut être remise en cause avec les déboires de l’ A380, pour l’instant reconnu comme une curiosité.

Meilleure technologie disponible

L’émergence d’attentes complexes de la société civile, concernant le développement durable et la responsabilité sociétale des entreprises, se traduit par des critères complexes sur trois piliers de performances : économiques, sociales et environnementales, auxquels il faut ajouter la gouvernance.

Ces exigences de développement durable ont été transposées depuis une vingtaine d’années dans le concept de meilleure technologie disponible.

Le respect de ces critères permet d’assurer la durabilité des produits et services, qui est susceptible de procurer un avantage compétitif durable, à condition que les règles d’évaluation du retour sur investissement soient claires.

Conclusion

L’avance technologique ne peut donc en aucun cas être considérée comme la balle d’argent qui fait gagner à tous les coups. Elle ne constitue qu’un facteur d’appréciation parmi d’autres. L’important est moins de suivre une mode (coûteuse vu les investissements) que d’anticiper le moins mal possible les besoins actuels et à venir. Des technologies actuellement émergentes, mais dont on ne connaît pas bien, en 2004, l’avenir sont par exemple :

  • les micromachines ;
  • les calculateurs quantiques ;
  • la thérapie génique.

Automatique

Informatique industrielle (L’Informatique industrielle est une branche technologique de l’informatique appliquée qui couvre l’ensemble des…) ~ Informatique embarquée (On désigne sous le terme informatique embarquée les aspects logiciels se trouvant à l’intérieur des équipements n’ayant…) ~ Automate ~ Grafcet ~ GEMMA

Biologie

Médecine ~ Biotechnologie (technologies vertes)- Bioremédiation – Agronomie

Chimie

Pétrochimie ~ Pharmacie ~ Phytosanitaire
La pile à combustible (Un combustible est une matière qui, en présence d’oxygène et d’énergie, peut se combiner à l’oxygène (qui sert de…)

Communication

Télécommunication ~ Téléphone ~ Internet ~ Radiodiffusion ~ Télévision ~ Radioamateur ~ Imprimerie ~ livre ~ Journal ~ (voir aussi NTIC)

Informatique

Ingénierie (L’ingénierie désigne l’ensemble des fonctions allant de la conception et des études à la responsabilité de la…) informatique ~ Informatique industrielle ~ Génie logiciel ~ Informatique embarquée ~ Micro-informatique ~ Réseau informatique ~ Internet ~ Ordinateur ~ Électronique numérique ~ (voir aussi NTIC)

Technique d’Affichage (L’ affichage désigne l’application d’une surface de papier script dans un lieu public(et non du foyer)sur un support…)

Affichage mécanique (Dans le langage courant, la mécanique est le domaine des machines, moteurs, véhicules, organes (engrenages, poulies,…) ~ Projection lumineuse ~Tube cathodique ~ Affichage plasma ~ diode électroluminescente ~ Cristaux liquides~ Encre électronique

Ingénierie financière

Calcul stochastique ~ Capital risque ~ Marchés dérivés ~ Titrisation,

Matériaux (Un matériau est une matière d’origine naturelle ou artificielle que l’homme façonne pour en faire des objets.)

Matériaux métalliques

Fer et alliages de fer

  • Acier (L’acier est un alliage à base de fer additionné d’un faible pourcentage de carbone (de 0,008 à environ 2,14 % en…)
  • Acier inoxydable

Métaux et alliages non ferreux

  • Cuivre et alliages
    • Laiton
    • Bronze
  • Aluminium et alliages (appelés également alliages légers)
    • Alliages d’aluminium pour corroyage
    • Alliages d’aluminium pour fonderie

Matériaux minéraux

  • Verre
    • fabrication ~ floats
    • traitements ~ « glass coating »

Matériaux organiques

  • Papier
    • Histoire de la fabrication du papier
    • Caractéristiques mécaniques du papier
    • Machine à papier
  • Textile
  • Plastiques
  • Composites
  • Bois

Autres concepts concernant les matériaux

  • Matériaux utilisables pour le frottement (Les frottements sont des interactions qui s’opposent à la persistance d’un mouvement relatif entre deux systèmes en…)
  • Nanomatériau

Mécanique industrielle, électrotechnique

Généralités

Ajustement ~ Amortissement ~ Isostatisme ~ Rhéologie ~ Tribologie, frottement, usure, lubrification ~

Techniques nucléaires

Centrale nucléaire ~ moteur atomique

Production, distribution et utilisation de la vapeur ()

Machine à vapeur

Énergie (Dans le sens commun l’énergie désigne tout ce qui permet d’effectuer un travail, fabriquer de la chaleur, de la…) hydraulique

Énergie pneumatique ~ Turbine

Électrotechnique (Étymologiquement l’électrotechnique désigne l’étude des applications techniques de l’électricité. En réalité,…)

Centrale électrique ~ Pile à combustible ~ Alimentation électrique ~ Éclairage ~ Électroménager ~ Moteur électrique ~ Générateur électrique ~ Protection électrique

Moteurs thermiques

Moteur à combustion (La combustion est une réaction chimique exothermique (c’est-à-dire accompagnée d’une production d’énergie…) interne ~ Moteur à combustion externe ~ Moteur à réaction

Technique des gaz et du vide (Le vide est avant tout un concept philosophique. Il désigne l’absence de matière.), réfrigération

Réfrigérateur ~ Technique du vide

Technique des fluides

Pompes

Obtention des pièces brutes

Emboutissage ~ Extrusion ~ Fonderie ~ Forge ~ Frittage ~ Moulage ~ Soudage ~ Traitement thermique ~ Traitement de surface ~Filage

Composants mécaniques, transmissions, manutention, …

  • Ajustage
  • Assemblage
  • Assemblage mécanique : anneau élastique ~ frettage
  • Ressort ~

Finition des pièces mécaniques par enlèvement de matière

Usinage ~ Tournage ~ Fraisage ~ Filetage

Mécatronique

(Lien: Mécanique & Électronique)

Capteur ~ Actionneur ~ Effecteur

Physique appliquée

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FORMATION INFORMATIQUE EN LIGNE

21 août, 2009

CYBERCLASS est un centre de formation informatique et bureautique ; il est spécialisé dans la formation informatique en ligne , pour tous ceux qui ont besoin d’aide et ont l’envie de se libérer des chaînes de l’obscurantisme informatique, c’est le moment de nous contacter en vue de vous former convenablement et efficacement en Word et en Exel

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GLOBAL WARMING

10 septembre, 2009

Causes of Global Warming

“As human-caused biodiversity loss and climate disruption gain ground, we need to keep our sights clear and understand that the measure of a threat is not a matter of whether it is made on purpose, but of how much loss it may cause. It's an ancient habit to go after those we perceive to be evil because they intended to do harm. It's harder, but more effective, to "go after," meaning to more effectively educate and socialize, those vastly larger numbers of our fellow humans who are not evil, but whose behavior may in fact be far more destructive in the long run." (Ed Ayres, editor of Worldwatch magazine, Nov/Dec 2001)

Carbon Dioxide from Power Plants
In 2002 about 40% of U.S. carbon dioxide emissions stem from the burning of fossil fuels for the purpose of electricity generation. Coal accounts for 93 percent of the emissions from the electric utility industry. US Emissions Inventory 2004 Executive Summary p. 10

Coal emits around 1.7 times as much carbon per unit of energy when burned as does natural gas and 1.25 times as much as oil. Natural gas gives off 50% of the carbon dioxide, the principal greenhouse gas, released by coal and 25% less carbon dioxide than oil, for the same amount of energy produced. Coal contains about 80 percent more carbon per unit of energy than gas does, and oil contains about 40 percent more. For the typical U.S. household, a metric ton of carbon equals about 10,000 miles of driving at 25 miles per gallon of gasoline or about one year of home heating using a natural gas-fired furnace or about four months of electricity from coal-fired generation.
Carbon Dioxide Emitted from Cars
About 33% of U.S carbon dioxide emissions comes from the burning of gasoline in internal-combustion engines of cars and light trucks (minivans, sport utility vehicles, pick-up trucks, and jeeps).US Emissions Inventory 2006 page 8 Vehicles with poor gas mileage contribute the most to global warming. For example, according to the E.P.A's 2000 Fuel Economy Guide, a new Dodge Durango sports utility vehicle (with a 5.9 liter engine) that gets 12 miles per gallon in the city will emit an estimated 800 pounds of carbon dioxide over a distance of 500 city miles. In other words for each gallon of gas a vehicle consumes, 19.6 pounds of carbon dioxide are emitted into the air. [21] A new Honda Insight that gets 61 miles to the gallon will only emit about 161 pounds of carbon dioxide over the same distance of 500 city miles. Sports utility vehicles were built for rough terrain, off road driving in mountains and deserts. When they are used for city driving, they are so much overkill to the environment. If one has to have a large vehicle for their family, station wagons are an intelligent choice for city driving, especially since their price is about half that of a sports utility. Inasmuch as SUV's have a narrow wheel base in respect to their higher silhouette, they are four times as likely as cars to rollover in an accident. [33]
The United States is the largest consumer of oil, using 20.4 million barrels per day. In his debate with former Defense Secretary Dick Cheney, during the 2000 Presidential campaign, Senator Joseph Lieberman said, "If we can get 3 miles more per gallon from our cars, we'll save 1 million barrels of oil a day, which is exactly what the (Arctic National Wildlife) Refuge at its best in Alaska would produce."
If car manufacturers were to increase their fleets' average gas mileage about 3 miles per gallon, this country could save a million barrels of oil every day, while US drivers would save $25 billion in fuel costs annually.

Carbon Dioxide from Airplanes
The UN's Intergovernmental Panel on Climate Change estimates that aviation causes 3.5 percent of global warming, and that the figure could rise to 15 percent by 2050.

Carbon Dioxide from Buildings
Buildings structure account for about 12% of carbon dioxide emissions.
Methane
While carbon dioxide is the principal greenhouse gas, methane is second most important. According to the IPCC, Methane is more than 20 times as
effective as CO2 at trapping heat in the atmosphere. US Emissions Inventory 2004 Levels of atmospheric methane have risen 145% in the last 100 years. [18] Methane is derived from sources such as rice paddies, bovine flatulence, bacteria in bogs and fossil fuel production. Most of the world’s rice, and all of the rice in the United States, is grown on flooded fields. When fields are flooded, anaerobic conditions develop and the organic matter in the soil decomposes, releasing CH4 to the atmosphere, primarily through the rice plants. US Emissions Inventory 2004
Water Vapor in the Atmosphere Increasing
Water vapor is the most prevalent and most poweful greenhouse gas on the planet, but its increasing presence is the result of warming caused by carbon dioxide, methane and other greenhouse gases. (See NOAA's National Climate Data Center (NCDC) FAQ page) Water vapor holds onto two-thirds of the heat trapped by all the greenhouse gases.[129] As the Earth heats up relative humidity is able to increase, allowing the planet's atmosphere to hold more water vapor, causing even more warming, thus a positive feedback scenario. Because the air is warmer, the relative humidity can be higher (in essence, the air is able to 'hold' more water when its warmer), leading to more water vapor in the atmosphere, says the NCDC. There is much scientific uncertainty as to the degree this feedback loop causes increased warming, inasmuch as the water vapor also causes increased cloud formation, which in turn reflects heat back out into space.

Nitrous oxide
Another greenhouse gas is Nitrous oxide (N2O), a colourless, non-flammable gas with a sweetish odour, commonly known as "laughing gas", and sometimes used as an anaesthetic. Nitrous oxide is naturally produced by oceans and rainforests. Man-made sources of nitrous oxide include nylon and nitric acid production, the use of fertilisers in agriculture, cars with catalytic converters and the burning of organic matter. Nitrous oxide is broken down in the atmosphere by chemical reactions that involve sunlight.

Deforestation
After carbon emissions caused by humans, deforestation is the second principle cause of atmospheric carbn dioxide. (NASA Web Site) Deforestation is responsible for 20-25% of all carbon emissions entering the atmosphere, by the burning and cutting of about 34 million acres of trees each year. We are losing millions of acres of rainforests each year, the equivalent in area to the size of Italy. [22] The destroying of tropical forests alone is throwing hundreds of millions of tons of carbon dioxide into the atmosphere each year. We are also losing temperate forests. The temperate forests of the world account for an absorption rate of 2 billion tons of carbon annually. [3] In the temperate forests of Siberia alone, the earth is losing 10 million acres per year.

City Gridlock
In 1996 according to an annual study by traffic engineers [as reported in the San Francisco Chronicle December 10, 1996] from Texas A and M University, it was found that drivers in Los Angeles and New York City alone wasted 600 million gallons of gas annually while just sitting in traffic. The 600 million gallons of gas translates to about 7.5 million tons of carbon dioxide in just those two cities.

Carbon in Atmosphere and Ocean
The atmosphere contains about 750 billion tons of carbon, while 1020 billion tons are dissolved in the surface layers of the world's ocean.
Also:
Forests 610 billion tons of Carbon
Soils 1580 " " "
Deep Ocean 38100 " " " Source: U.S.Global Change Research Information Office
Permafrost
Permafrost is a solid structure of frozen soil, extending to depths of 2.200 feet in some areas of the arctic and subarctic regions, containing grasses, roots, sticks, much of it dating back to 30,000 years. About 25% of the land areas of the Northern Hemisphere hold permafrost, which is defined as soil whose temperature has been 32 degrees Fahrenheit (0 degrees Celsius) for a period of at least 2 years. Permafrost is under 85% of Alaska land surface and much of Canada, Scandinavia and Siberia and holds about 14 per cent of the world's carbon. The hard permafrost on which is built homes and other buildings, can, with rising temperatures, turn into a soft material causing subsidence and damage to buildings, electric generating stations, pipelines and other structures. Ground instability would cause erosion, affect terrain, slopes, roads, foundations and more. [121]

Svein Tveitdal, Managing Director of the Global Resource Information Database (GRID) in Arendal, Norway, a UNEP environmental information center monitoring the thawing of permafrost, told a meeting at the 21st session of the United Nation's Governing Council in Nairobi, Kenya on February 7, 2001: "Permafrost has acted as a carbon sink, locking away carbon and other greenhouse gases like methane, for thousands of year. But there is now evidence that this is no longer the case, and the permafrost in some areas is starting to give back its carbon. This could accelerate the greenhouse effect." (83)

In a December, 2005 study climate models at National Center for Atmospheric Research (NCAR) show that climate change may thaw the permafrost located in the top 10 feet of permafrost, releasing carbon dioxide into the atmosphere. "People have used models to study permafrost before, but not within a fully interactive climate system model," says NCAR's David Lawrence, the lead author. The coauthor is Andrew Slater of the University of Colorado's National Snow and Ice Data Center. "Thawing permafrost could send considerable amounts of water to the oceans," says Slater, who notes that runoff to the Arctic has increased about 7 percent since the 1930s. According to the NCAR press release (December 19, 2005) permafrost may contain 30% of all the carbon found in soil worldwide. In areas to a depth of 11.2 feet climate models (assuming business as usual scenarios) show permafrost presently in an area of 4,000,000 square miles shrinking to 1,000,000 square miles by 2050 and 400,000 square miles by 2100. With a scenario of low emissions (assuming a high degree use of alternative energy sources and conservation) permafrost is still expected to shrink to 1.5 million miles by 2100.........In a USA Today (December 26, 2005) interview David Lawrence says, "If that much near-surface permafrost thaws, it could release considerable amounts of greenhouse gases into the atmosphere, and that could amplify global warming," ….."We could be underestimating the rate of global temperature increase."

In a study reported in the journal Science June 16, 2006 (see San Francisco Chronicle article) researchers say that thawing permafrost may add to the buildup in atmospheric greenhouse gases significantly, stating that present climate models do not include releases of Siberian carbon dioxide from permafrost. Dr. Ted Schuur of the University of Florida traveled to Siberia and secured samples of permafrost soil up to 10 feet in length, maintaining it in a frozen state until arriving back in his laboratory, where the thawing soil was attacked by microbes, releasing carbon dioxide in the process. The frightening scenario that scientists, Sergey A. Zimov of the Russian Academy of Sciences, Ted Schuur and Stuart Chapin III of the University of Alaska, paint is one of hundreds of billions of tons of greenhouse gases entering an already destabilized atmosphere this century, spurring yet more warming in a positive feedback syndrome. Extend this scenario to Alaska, Canada and Scandinavia, where permafrost underlies much of these regions and there's no other way to describe it. We're in trouble.

Tundra
A name very suited to the environs of the arctic and subarctic, tundra means 'treeless plain' in Finnish. The tundra is a biome (a major segment of a particular region having distinctive vegetation, animals and microorganisms adapted to a unique climate), home to about 1700 kinds of plants, including shrubs, mosses, grasses, lichens and 400 kinds of flowers.

About 50 billion tons of carbon are estimated to be held in a frozen state in the tundra, and now the tundra is beginning to become a source of carbon dioxide. In the 1970's University of California biologist Walter Oechel studied carbon dioxide emissions in the tundra, which until this time had been thought of as a carbon sink. Doing further tests in the 1980's, Oechel discovered that this was no longer the case, that warming temperatures had changed the tundra to a net emitter of carbon dioxide. Says Oechel, " We found to our great surprise that the tundra was already losing carbon dioxide to the atmosphere. So that by the start of these experiments, which was in 1982, the tundra had already warmed and dried enough, that its historic role as a carbon sink had reversed and changed. It was now losing carbon dioxide to the atmosphere. That was totally unexpected."

CULTURE

8 septembre, 2009

Culture

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Le mot culture tend à désigner la totalité des pratiques succédant à la nature. Chez l’humain, la culture évolue dans le temps et dans les formules d’échanges. Elle se constitue en manières distinctes d’être, de penser, d’agir et de communiquer. Ainsi, pour une institution internationale comme l’UNESCO : « Dans son sens le plus large, la culture peut aujourd’hui être considérée comme l’ensemble des traits distinctifs, spirituels et matériels, intellectuels et affectifs, qui caractérisent une société ou un groupe social. Elle englobe, outre les arts et les lettres, les modes de vie, les droits fondamentaux de l’être humain, les systèmes de valeurs, les traditions et les croyances. »[1]

La notion de culture est au cœur d’un enjeu humain essentiel : celui de dire ce qu’est l’espèce (homo sapiens sapiens) à travers ce qu’elle fait. C’est pourquoi l’on observe à la fois une tendance à couvrir – en tache d’huile – des activités de plus en plus diverses et éloignées les unes des autres (culture générale, culture religieuse, culture traditionnelle, culture technique, culture d’entreprise, industries culturelles, ministère de la culture, cultures animales, etc.) et une propension à perdre toute signification philosophique globale, précise ou tranchée.

On observe aussi que le sens du mot « culture » dépend étroitement de la stratégie de l’institution ou de l’acteur social qui l’utilise, en opposition (plus ou moins explicite) avec d’autres. Par exemple, pour ceux qui souhaitent défendre le domaine des arts et des lettres, le mot « culture » pourrait être opposé au néologisme « technoscience », un peu comme autrefois on pouvait opposer « l’âme » et « la raison ». Au contraire, pour ceux qui veulent défendre le côté créateur de la recherche ou de l’innovation, le titre de culture doit pouvoir leur être appliqué sans discrimination. Dans le milieu éducatif institutionel, la « culture » peut désigner un ensemble de connaissances acquises, de savoirs et de savoirs-faire développés.

Pour les personnes qui, par profession ou intérêt, mettent l’accent sur les caractéristiques d’une communauté (linguistique, nationale, etc.), la culture représente l’ensemble de ses structures territoriales, de ses pratiques sociales, religieuses, politiques, commerciales, etc.

Pour ne pas trop trahir ces différences entre conceptions de la culture, on peut dessiner un « champ culturel » où elles se rencontrent et se confrontent par grands types d’activité :

  • La pratique de l’exercice de la parole est une réalisation permanente et universelle, bien que réalisée entre personnes concrètes chez l’humain. Associée à des pensées et à des actes, elle représente la culture dans ses spécificités et dans l’activité humaine.
  • Les pratiques artistiques font le plus souvent émerger des points de vue singuliers qui sont ensuite partagés et échangés.
  • Les pratiques d’organisation des pensées et des sentiments (philosophiques ou religieux) cherchent au contraire à rassembler de grands groupes par la conviction et la séduction (le vrai et le beau selon Platon).

Définitions [modifier]

La culture humaine est, selon le sociologue québécois Guy Rocher, « un ensemble lié de manières de penser, de sentir et d’agir plus ou moins formalisées qui, étant apprises et partagées par une pluralité de personnes, servent, d’une manière à la fois objective et symbolique, à constituer ces personnes en une collectivité particulière et distincte. » (Guy Rocher, 1969, 88).

Étymologie [modifier]

L’étymologie du mot culture, du mot latin colere (« habiter », « cultiver », ou « honorer ») suggère que la culture se réfère, en général, à l’activité humaine. Ce mot prend des significations notablement différentes, voire contradictoires, selon ses utilisations.

Le terme (latin cultura) suggère l’action de cultiver, dans le domaine de l’agriculture en particulier : cultiver des fleurs… Le terme de culture est également employé en éthologie. Cicéron fut le premier à appliquer le mot cultura à l’être humain : Un champ si fertile soit-il ne peut être productif sans culture, et c’est la même chose pour l’humain sans enseignement. (Tusculanes, II, 13).

Dans l’Histoire, l’emploi du mot s’est progressivement élargi aux êtres humains. Le terme culte a une étymologie voisine (latin cultus), et qu’il est employé pour désigner l’hommage rendu à une divinité.

Pluralité de définitions [modifier]

Différentes définitions du mot culture reflètent les théories diverses pour comprendre ou évaluer l’activité humaine. En 1952, Alfred Kroeber et Clyde Kluckhohn ont rédigé une liste de plus de 200 définitions différentes du mot culture dans leur livre .

La définition que peuvent en faire les gouvernements lorsqu’ils fixent sa mission au Ministère de la Culture diffère de celle que l’on en donne dans les sciences humaines ou de celle qui correspond à la culture générale de chacun d’entre nous.

Il existe de puissants enjeux politiques et économiques pour définir et encadrer la culture. Lorsque les entrepreneurs tentent de faire valider la notion de « culture d’entreprise » ou les ingénieurs celle de « culture technique », ils contribuent à étendre l’amplitude des significations mais au prix d’en diluer certaines caractéristiques spécifiques, comme l’opposition plus traditionnelle entre des styles plus spontanés, artistiques, religieux, fondés, comme le disait Hegel, sur le « sentiment » et des types d’actions davantage fondés sur le calcul, la cognition, la règle. Bien que fréquemment les deux mondes s’entrecroisent, doit-on pour autant les confondre, contribuant alors a privilégier une conception totalisante de la culture ?

Selon Geert Hofstede : la culture est une programmation mentale collective propre à un groupe d’individu.

De manière plus spécifique, en éthologie, la culture animale désigne tout comportement, habitude, savoir, système de sens (en anthropologie) appris par un individu biologique, transmis socialement et non par héritage génétique de l’espèce à laquelle appartient cet individu. La culture se définit en ce sens comme un ensemble de connaissances transmis par des systèmes de croyance, par le raisonnement ou l’expérimentation, qui la développent au sein du comportement humain en relation avec la nature et le monde environnant. Elle comprend ainsi tout ce qui est considéré comme acquisition de l’espèce, indépendamment de son héritage instinctif, considéré comme naturel et inné. Ce mot reçoit alors des définitions différentes selon le contexte auquel on se réfère.

Mais la culture n’est pas réductible a son acception scientifique, car, comme l’indique la définition de l’UNESCO, elle concerne les valeurs a travers lesquelles nous choisissons aussi notre rapport a la science. En ce sens, elle relève davantage de la communauté politique des êtres humains que de « l’espèce’ comme objet de science.

Culture individuelle et culture collective [modifier]

En langue française, le mot culture désigne tout d’abord l’ensemble des connaissances générales d’un individu. C’est la seule définition qu’en donne en 1862 le Dictionnaire national de Bescherelle. Les connaissances scientifiques y sont présentées comme élément de premier plan. C’est ce que nous appelons aujourd’hui la « culture générale ».

Après le milieu du XXe siècle, le terme prend une seconde signification. Par exemple, le Petit Larousse de 1980 donne, en plus de la conception individuelle, une conception collective : ensemble des structures sociales, religieuses, etc., des manifestations intellectuelles, artistiques, etc., qui caractérisent une société. Le terme peut alors revêtir l’un ou l’autre sens, mais la proximité des domaines d’utilisation de chacun en fait une source d’ambiguïté.

Il se trouve qu’en langue allemande, la définition de la culture individuelle ou culture générale correspond au mot Bildung[2], et qu’il existe un autre mot, Kultur, [3], qui correspond à un patrimoine social, artistique, éthique appartenant à un ensemble d’individus disposant d’une identité. Ainsi, ce terme homophone, qui correspond plutôt en français à l’une des acceptions de civilisation, et par les échanges d’idées entre la France et l’Allemagne, s’est petit à petit amalgamé avec le sens initial du mot culture en français. Cette seconde définition est en train de supplanter l’ancienne, correspondant à la culture individuelle. Néanmoins, les dictionnaires actuels citent les deux définitions, en plaçant le plus souvent la culture individuelle en premier.

Il y a donc actuellement en français deux acceptions différentes pour le mot culture :

  • la culture individuelle de chacun, construction personnelle de ses connaissances donnant la culture générale ;
  • la culture d’un peuple, l’identité culturelle de ce peuple, la culture collective à laquelle on appartient.

Ces deux acceptions diffèrent en premier lieu par leur composante dynamique :

  • la culture individuelle comporte une dimension d’élaboration, de construction (le terme Bildung est généralement traduit en éducation), et donc par définition évolutive et individuelle ;
  • la culture collective correspond à une unité fixatrice d’identités, un repère de valeurs relié à une histoire, un art parfaitement inséré dans la collectivité ; la culture collective n’évolue que très lentement, sa valeur est au contraire la stabilité figé dans le passé, le rappel à l’Histoire.

C’est dans cette dichotomie que ces deux significations peuvent s’opposer :

La culture collective comporte une composante de rigidité pouvant s’opposer au développement des cultures individuelles, ou pouvant conduire à des contrecultures, concept qui est inimaginable avec le sens individuel, la connaissance ne pouvant être que positive.

La science, toujours en évolution, n’est de ce fait pas raccrochée au concept de culture individuelle, dans les acceptions populaires, alors qu’elle en est une des composantes principales dans la teneur initiale du terme.

Mais c’est par l’art et l’histoire que les deux concepts se rejoignent. La culture individuelle inclut la connaissance des arts et des cultures, celle des différentes cultures humaines, mais bien évidemment celle affiliée à la culture (collective) à laquelle l’individu s’apparente.

C’est là le point d’amalgame entre les deux acceptions : la culture (individuelle) est comprise comme connaissance de la culture (collective) dont on dépend. Fusionnant ainsi deux acceptions différentes, le terme culture tend actuellement, en France, vers un compromis dans son acception courante, où il désignerait essentiellement des connaissances liées aux arts et à l’Histoire, plus ou moins liées à une identité ethnique.

Les deux sens doivent cependant être analysés distinctement : la culture collective et la culture individuelle se recoupent en réalité, non seulement par leur homonymie, mais aussi par la filiation de l’espèce et de l’individu à une entité culturelle.

Langage courant [modifier]

L’utilisation populaire du mot culture dans beaucoup de sociétés occidentales, permet de réaliser un classement de son caractère en fonction de croyance, de la consommation de biens ou de l’exercice d’activités considérées comme élitistes : la cuisine, l’art, et la musique par exemple.

Types de composants [modifier]

Une représentation de la culture consiste à la regarder comme formée de quatre éléments qui sont « transmis de génération en génération en apprenant » [4] :

– les valeurs ;
– les normes ;
– les institutions ;
– les artefacts.

Julian Huxley donne une division légèrement différente, en mentifacts, socifacts et artifacts, pour des sous-systèmes idéologiques, sociologiques, et technologiques respectivement. La socialisation, du point de Huxley, dépend du sous-système de croyance. Le sous-système sociologique oriente l’interaction entre les gens. Les objets matériels et leur utilisation forment le sous-système technologique[5].

En général, les archéologues se focalisent sur la culture matérielle, alors que l’anthropologie culturelle se focalise sur la culture symbolique, encore que in fine les deux groupes s’intéressent aux relations entre ces deux dimensions. De plus, les anthropologues conçoivent le mot « culture » pour se référer non seulement à la consommation de biens, mais au processus général qui produit de tels biens et leur donne une signification, et aux relations et pratiques sociales dans lesquelles de tels objets et processus sont imbriqués.

Les valeurs

Les systèmes de valeurs comprennent des idées et des matériaux qui semble important dans la vie. Elles guident les croyances qui composent la culture en partie

Il est possible de reconnaître des systèmes de valeur associés de préférence à des civilisations. Ainsi, dans ce qu’on appelle encore l’Occident, il semble que la conversation culturelle se préoccupe beaucoup de la question de la règle, de la mesure, de la loi physique ou sociale, alors qu’en Extrême-Orient, l’affaire la plus importante concerne l’identité dans le monde. Les valeurs des sociétés villageoises (comme en Afrique ou en Amérique latine) portent davantage sur l’équilibre entre l’homme et la nature, garanti par l’intercession des hommes-médecine. Les valeurs des sociétés nomades sont plutôt attachées à résoudre les problèmes des antagonismes inévitables entre groupes sur le territoire commun. A l’intérieur de la sphère occidentale, le point de vue anglo-saxon insiste encore davantage sur la loi (culture de la common law, et de la rule of law). Ceci correspond à une religiosité inspirée des protestantismes préoccupés de l’usage rationnel du temps personnel (comme le montrait Max Weber), ce qui permet l’autodiscipline, libère un certain libéralisme et fait l’économie d’un contrôle par l’autorité collective.

En France, le plus « laïque » des pays occidentaux, – tradition que l’on pourrait faire remonter au gallicanisme de Philippe le Bel, à la Pragmatique Sanction de Bourges, ou aux positions de Bossuet – on a plutôt affaire à une reprise administrative nationale de l’ancienne autorité catholique, où se trouve préservé un principe d’arbitrage divin et royal, désormais déposé dans l’État laïque. La Révolution française introduit un statut civil équivalent pour tous les citoyens, indépendamment des croyances ou appartenances religieuses, mais ne renie pas longtemps -avec Napoléon – le principe du pouvoir transcendant et paternaliste. Celui-ci subsiste aujourd’hui dans la trame culturelle de ce pays qui demeure de ce point de vue de tradition catholique. Néanmoins, comme partout ailleurs en Europe, on y rencontre le débat avec les deux religions et cultures du « Livre » (la Bible), qui forment les deux autres variantes de la culture occidentale au sens large : la tradition judaïque, qui insiste sur l’alliance entre Dieu et son peuple, au travers d’une loi interprétable; et la tradition musulmane, qui veut rétablir le principe de la liberté absolue de Dieu. On constate ici combien le monde des valeurs ne se développe pas au hasard, mais bien comme système logique de différences assumées. On observe aussi que ce caractère de conversation entre les valeurs demeure le plus souvent inconscient, caché par l’intransigeance de leurs partisans respectifs.

Les normes

Les normes sont constituées par les attentes sur la façon dont les personnes doivent se comporter dans diverses situations. Chaque culture a des méthodes, appelées sanctions, pour imposer ses normes. Les sanctions varient avec l’importance de la norme ; les normes qu’une société impose formellement ont le statut de lois.

On notera qu’en France, la langue française a le statut de langue officielle, et qu’à ce titre, elle est la langue de l’administration et du droit civil.

Aux États-Unis, il existe une tradition normative très importante en matière industrielle et financière. Les normes comptables en Europe sont actuellement assez largement inspirées des normes américaines.

Les institutions

Les institutions sont les structures de la société dans et par lesquelles les valeurs et les normes sont transmises.

On a vu que, dans le cas de la France, la défense de la langue fut prise très tôt en charge par le souverain, François Ier pour le statut de langue officielle du français (1539), Richelieu pour l’Académie française. De là est née, en France et dans la plus grande partie de l’Europe, une tradition qui lie la culture avec les institutions publiques.

Aux États-Unis, il n’existe pas une emprise aussi importante de la puissance publique sur la culture proprement dite. Ainsi, de nombreuses grandes entreprises ont des collections d’œuvres d’art telles qu’elles ouvrent des musées privés. Des hommes d’affaires et milliardaires n’hésitent pas à réaliser du mécénat et par leur philanthropie alimentent de grandes fondations (qui portent d’ailleurs souvent leur nom) et qui ont développé des actions dans le secteur de la culture, des arts et de l’enseignement artistique (des grands musées comme le Metropolitan ou Guggenheim à New-York, les Fondations comme Ford, Carnegie, etc.)). Les industries culturelles, mettant en œuvre les bases d’un véritable management culturel, se sont dès le départ développées sur un modèle d’entreprises privées avec au fil des décennies un mouvement de forte concentration financière faisant des grands groupes américains du secteur les principaux protagonistes d’un oligopole mondial des industries de l’entertainment et des médias (Time Warner, Disney, Fox, …). Ainsi, depuis les années 1950, l’industrie américaine du cinéma, concentrée à Hollywood, domine non seulement économiquement mais aussi symboliquement, la distribution des films à grand succès et la consécration des grandes vedettes.

En France, la majorité des institutions culturelles sont des organisations en gestion publique ou des organisations de type associatif mais avec une forte dépendance à des collectivités publiques: académies, musées, bibliothèques, médiathèques, conservatoires, salles de concert et de théâtre, orchestres, opéras, Maisons des jeunes et de la culture. La France a été l’une des premières démocraties modernes à se doter d´un ministère de la Culture en 1959, ce que Mario d’Angelo appelle une entité politico-administrative (une structure administrative sous l´autorité d´un homme politique). Elle fut suivie par de nombreux autres pays en Europe mais selon des formules adaptées à leur contextes respectifs. Les « petits pays » (petits par leur taille) comme les Pays-Bas, la Finlande, l´Autriche ou le Portugal, ont dans leurs organisations gouvernementales respectives un ministère plus large (Education par exemple) auquel est rattaché un secrétariat d´État chargé de la Culture. Les pays à structure fédérale ont des équivalents dans leurs régions (en réalité des états fédérés) qui exercent la compétence culturelle. Ainsi, en Allemagne, dans chaque Land on trouve dans le gouvernement une direction de la Culture et des Arts, le plus souvent rattachée à l´Enseignement, la Recherche et la Formation professionnelle (ce qui s´explique notamment par l´importance des institutions d´enseignement artistique). L´Espagne s´est quant à elle dotée d´un ministère de la Culture en 1978, dès que la page du franquisme fut tournée. Le Royaume Uni constitue un exemple des plus intéressants dans la prise en compte de l´action étatique en faveur de la culture. Car il s´agissait d´abord pour le gouvernement d´intervenir et de soutenir les institutions artistiques et en particulier celles du spectacle vivant (théâtre, danse, musique) telles que la Royal Shakespeare Company, le Royal Opera House Covent Garden, les grands orchestres londoniens, etc.

On trouve donc un schéma assez voisin dans les pays européens. Dans le cas de la musique classique par exemple, Mario d’Angelo observe que toutes les institutions musicales (hormis quelques notables exceptions) bénéficient du soutien de collectivités publiques (État, régions, villes). Le Royaume-Uni toutefois se distingue du reste de l’Europe car les institutions musicales y sont plus autonomes . elles sont rarement des établissements publics. En revanche dans le domaine des musées, une forte proportion des institutions sont publiques. De ce point de vue, le Royaume-Uni se distingue des États-Unis, les traditions culturelles des deux pays étant assez distinctes.

En France, on trouve quelquefois aussi des institutions privées (châteaux privés, écomusée d’Alsace, le Puy du Fou) qui sont issus le plus souvent d’initiatives régionales, même si leur rayonnement est souvent national. Depuis une trentaine d’années les collectivités locales (communes, départements et régions) se sont dotées de leur propre politique culturelle et jouent un rôle essentiel dans l’animation et la régulation de la vie culturelle locale. Ces politiques, souvent menées en partenariat avec les services de l’État, participent de plusieurs logiques : facilité l’accès à la culture du plus grand nombre, soutenir la création et les artistes, contribuer au développement économique et renforcer l’image des collectivités locales.

Depuis le Traité de Maastricht certains aspects de la culture font maintenant partie des responsabilités de l’Union européenne, dans le cadre des principes de subsidiarité. En particulier, l’Union européenne doit veiller à l’application de la politique linguistique européenne, qui pose certaines difficultés de mise en œuvre.

On a ainsi deux modèles assez distincts : le modèle américain, caractérisé par une alliance forte entre public et privé (où le privé joue un rôle prépondérant en matière purement culturelle), et le modèle européen, essentiellement public.

Les artefacts 

Les artefacts — choses ou aspects de la culture matérielle — décrivent des valeurs et des normes d’une culture.

Les grandes manifestations de la culture collective 

Culture et art 

La culture est aussi indissociable du patrimoine artistique, dans le sens où elle est un rattachement à des valeurs traditionnelles. Cet aspect de la culture est beaucoup plus marqué en Europe et en Asie, qu’en Amérique et surtout aux États-Unis, pour des raisons historiques évidentes.

Néanmoins, les États-Unis admirent le patrimoine culturel européen, car il s’agit de leurs racines culturelles : on le constate dans les acquisitions des œuvres d’art, dans leur présence dans les lieux artistiques (Paris, Bruges, Venise, Égypte…), dans les mécénats américains pour la restauration de quelques éléments symboliques du patrimoine européen (château de Versailles…), dans les échanges musicaux (chefs d’orchestre…), etc. Le respect des Américains pour l’histoire monarchique de la France paraît surprenant au premier abord, mais il révèle cet attachement à un patrimoine historique qu’ils n’ont pas, et une reconnaissance au rôle joué par la France dans l’Histoire et dans la défense des libertés aux États-Unis.

Lorsqu’on parle de patrimoine, on pense le plus souvent à l’architecture, mais c’est aussi la sculpture, la peinture, le vitrail, la musique, la littérature, le folklore, la langue

En Asie et en Afrique du Nord, on trouve un patrimoine extraordinairement riche, dans les civilisations chinoise, indienne, arabe et berbère par exemple. Le patrimoine de l’Afrique noire est aussi redécouvert (arts premiers).

Culture et langage 

La langue est probablement, dans les sociétés humaines, ce qui permet le mieux de véhiculer une culture, tant orale qu’écrite. C’est ainsi que la culture française s’est développée dans l’Europe des Lumières, en fait essentiellement parce qu’elle était parlée dans plusieurs cours princières. Cette prééminence du français était due au rayonnement culturel de la France au XVIIIe siècle, et à l’admiration que des souverains étrangers (en Prusse, en Russie…) portaient, à tort ou à raison, aux souverains français.

Cette prééminence avait en réalité été préparée par l’édit de Villers-Cotterêts, signé par François Ier en 1539, qui établissait le français comme langue officielle, c’est-à-dire comme langue de l’administration et du droit (écrit). Puis, au XVIIe siècle, de grands écrivains donnèrent au français classique ses lettres de noblesse. La France est probablement[réf. souhaitée] l’un des seuls pays au monde où la langue parlée (et officielle) est soutenue par un système d’académies, qui en contrôlent le bon usage. L’Académie française fut fondée dans ce sens par Richelieu en 1635.

Aujourd’hui, la langue anglaise est devenue une langue véhiculaire, porteuse d’un grand nombre d’informations dans des domaines comme le militaire, la finance, la science, et aussi et surtout l’informatique, la plupart des langages informatiques étant historiquement formés sur des mots de la langue anglaise. Les normes, en particulier comptables (l’informatique étant issue à l’origine de la comptabilité générale), tendent à imposer un certain modèle culturel.

En France, après la Seconde Guerre mondiale, on tendit à réagir contre cette forme d’impérialisme linguistique en établissant des liens culturels avec les pays de langue française dans le monde : la francophonie. La protection de la langue française est aujourd’hui intégrée dans le droit français : article 2 de la Constitution de 1958, loi Toubon, etc.

On voit également s’établir des liens culturels autour de l’espagnol, entre l’Espagne et l’Amérique du Sud par exemple.

L’arabe est également un bon exemple des liens culturels établis autour de cette langue parlée le plus souvent dans le monde musulman, et qui véhicula une brillante civilisation entre le VIIIe et le XVe siècle.

Le multilinguisme est, au moins officiellement, reconnu dans la politique linguistique de l’Union européenne, comme portant une valeur de diversité culturelle [6].

Le langage étant l’un des modes de communication les plus importants (mais pas le seul), on voit apparaitre des modèles linguistiques de communication fondés sur les fonctions du langage. Dans le schéma de Jakobson, par exemple, on voit ces concepts culturels liés au message lui-même, contenus notamment dans le code de communication.

Culture et technique 

Sciences et techniques sont en interaction permanente, puisque les techniques sont les applications des sciences dans la société. Parler des manifestations techniques de la culture revient donc à aborder ses relations avec les sciences.

On constate, depuis plus de trois siècles, une incompréhension entre les sciences (plus précisément les sciences « exactes ») et la culture, voire à des conflits.

Jacques Ellul a notamment développé la thèse selon laquelle la technique s’auto-accroît, imposant ses valeurs d’efficacité et de progrès technique, niant l’homme, ses besoins, et notamment sa culture.

Claude Allègre note, dans Un peu de science pour tout le monde :

« Dans un monde que la rationalité façonne, l’irrationalité tend à prendre le pouvoir, comme le montre l’essor sans précédent des astrologues, cartomanciens, et sectes de tout poil. La raison principale de cette dérive est qu’au nom d’une spécialisation nécessaire et toujours exigeante, les scientifiques se sont isolés et ont laissé la science s’abstraire de la culture générale. Or, il n’y a pas d’avenir pour un savoir humain, quel qu’il soit, en dehors de la culture, et il ne saurait être de culture dans le monde d’aujourd’hui qui tienne la science à distance. »

Le philosophe Hans Jonas montre en effet, dans le Principe responsabilité (1979), que l’homme tend à adopter, vis-à-vis de la science et surtout de ses applications technologiques, un comportement prométhéen. Il prône le principe de précaution et se trouve à l’origine des principes philosophiques du développement durable.

L’astrophysicien Jean Audouze, ancien directeur de l’Institut d’astrophysique de Paris, dresse le même constat, et appelle de ses vœux une réconciliation entre la science et la culture.

Importance et place de la culture collective 

La diversité culturelle dans les communautés humaines   

On distingue à travers le monde, les cultures écrites et les cultures orales.

La langue, écrite ou orale, joue ainsi un rôle essentiel dans l’élaboration d’une forme de connaissance sociale, qui est la pensée du sens commun, socialement élaborée et partagée par les membres d’un même ensemble social ou culturel. On appelle quelquefois cette connaissance commune une représentation sociale.

Dans le domaine de l’archéologie et de l’anthropologie, la culture se définit comme étant l’ensemble des connaissances et des comportements qui caractérisent une société humaine, ou plus généralement un groupe humain à l’intérieur d’une société.

Seulement quelques cultures sont parvenues à l’état de civilisation dans l’histoire de l’humanité.

Même s’il existe une culture dominante dans une société, généralement formée autour de la culture de l’élite, il se forme toujours des groupes sociaux dont les intérêts, les pratiques, sont particuliers par rapport à la culture dominante. On trouve ainsi diverses formes de cultures, comme la culture populaire, la culture de masse, la culture de jeunesse, ou ce que l’on appelle la subculture (ou culture intime).

Dans la définition que donne l’UNESCO du patrimoine culturel immatériel, la diversité culturelle apparait comme un élément déterminant :

« Ce patrimoine culturel immatériel, transmis de génération en génération, est recréé en permanence par les communautés et groupes en fonction de leur milieu, de leur interaction avec la nature et de leur histoire, et leur procure un sentiment d’identité et de continuité, contribuant ainsi à promouvoir le respect de la diversité culturelle et la créativité humaine ». [7]

La culture enfantine se distingue de celle des adultes, car les systèmes de représentation d’un enfant et d’un adulte sont nécessairement différents.

Faire dialoguer des personnes de cultures différentes peut nécessiter une médiation interculturelle. Des personnes se sont spécialisées dans la médiation culturelle.

La culture par rapport à la nature 

Beaucoup de personnes aujourd’hui identifient souvent la culture ou la « civilisation » à un état évolué de l’humanité, qui s’opposerait, selon eux, à l’état sauvage, la « nature » étant un état sauvage selon eux. Beaucoup de projets réalisés du XVIIIe siècle au début du XXe siècle, qui eurent lieu dans le cadre de la révolution industrielle, s’orientèrent dans le sens précédent.

Tel n’était pourtant pas le cas de beaucoup de philosophes des Lumières, comme John Locke qui fonda la philosophie politique sur la loi de la nature (law of nature), Robert Boyle, auteur d’ouvrages sur la méthode expérimentale (voir philosophie de la nature), Jean-Jacques Rousseau (rêveries d’un promeneur solitaire), Samuel von Pufendorf (qui inspira la constitution des États-Unis), ou de nombreux courants de peinture au XIXe siècle (école de Barbizon, impressionnisme…).

Dans les dernières décennies, de nombreux philosophes se sont inquiétés des rapports avec la nature (René Dubos, Hans Jonas…).

Selon la philosophie moderne, et en particulier dans le sillage de Claude Lévi-Strauss, on considère que la culture est naturelle à l’homme, en tant que tous les hommes en ont une et qu’un quelconque « état de nature » (état pré-culturel) ne serait que pure fiction. Pour ce thème, voir l’article Jean-Jacques Rousseau.

Des découvertes récentes tendent à démontrer que la nature, le biologique, influence la culture. Par leurs recherches, Robert Stoller et ses collaborateurs ont montré que, dans des cas d’erreur sur la détermination du sexe à la naissance résultant d’une anomalie biologique non apparente, des forces de la nature agissent « sur les attitudes et comportements d’un enfant à travers ses jeux, son habillement, ses choix de pertenaires de jeu, etc., autrement dit, que l’inné peut influencer l’acquis. »[8]

Voir aussi : état de nature, Philosophie de la nature, développement durable

Même si la culture physique était à l’origine cantonnée aux gymnases, le développement des activités sportives modernes tend à se rapprocher de la nature : alpinisme, ski (notamment le ski de fond), cyclisme, kayak, canyoning

Le facteur culturel dans la mondialisati

Sans doute la mondialisation fait intervenir des enjeux culturels considérables. Après la fin de la guerre froide, on assiste ainsi parfois à ce que l’on appelle un choc des civilisations.

Depuis la chute du mur de Berlin (1989), on tend ainsi à voir apparaître un modèle prédominant, le modèle anglo-saxon réputé « libéral« , mais où, en fait, on trouve un engagement très fort de la puissance publique américaine dans l’industrie de l’armement et l’industrie informatique (voir Éric Denécé et Claude Revel, l’autre guerre des États-Unis, 2005). L’emprise américaine est particulièrement forte sur les aspects culturels, et joue sur les interactions multiples (entreprises, partenariats avec des ONG) à partir des composants fondamentaux de la culture (valeurs, normes, institutions, artefacts).

Ce modèle anglo-saxon, appuyé sur l’anglais comme langue véhiculaire, tend à imposer certains modes de fonctionnement dans les institutions mondiales, notamment commerciales, qui, selon certains observateurs, peuvent traduire une forme d’impérialisme culturel et linguistique.

Le développement de la culture de masse depuis les années 1930, dans le sillage de l’américanisation, a favorisé des modes de consommation et de production qui ne sont plus forcément aujourd’hui compatibles avec les contraintes sociétales contemporaines.

Face à cette forme de domination, certains pays réagissent en prônant la diversité culturelle, voire l’exception culturelle, et s’organisent en conséquence.

En France, l’expression exception culturelle tend à prendre un sens péjoratif, dans la mesure où les solutions adoptées pour défendre la diversité culturelle passent par des formes d’action concentrées autour de l’État (aides publiques et subventions aux différentes formes de médias…), qui ne vont pas nécessairement dans le sens de la qualité de la création culturelle.

La culture par rapport au patrimoine

Spontanément, l’expression patrimoine culturel fait penser à un patrimoine matériel (sites, monuments historiques, œuvres d’art, …). L’UNESCO a établi en 1972 une liste du patrimoine mondial, composée de plusieurs centaines de sites dans le monde.

Cette conception du patrimoine a évolué depuis une quinzaine d’années. On lui a d’abord adjoint une liste Mémoire du monde (1992), qui recense les collections documentaires d’intérêt universel (déclaration des droits de l’homme et du citoyen, instauration du système métrique, mémoire du canal de Suez, …).

En 1997, la notion de patrimoine oral et immatériel de l’humanité a été définie par l’UNESCO.

On s’oriente donc progressivement vers une conception du patrimoine qui inclut à la fois un patrimoine matériel, mais aussi un patrimoine culturel immatériel (PCI).

Ce changement de conception du patrimoine n’est pas sans avoir de conséquence sur les représentations sociales et la psychologie sociale des communautés, puisque les traditions vivantes (carnaval de Binche par exemple) et documentaires sont reconnues au même titre que les monuments et œuvres d’art du passé.

Lorsque des effets similaires se produisent sur un ensemble d’individus appartenant à une même communauté, on parlera plutôt de biais culturel.

Les relations entre culture et entreprises privées

Article détaillé : Culture d’entreprise.

L’objectif des entreprises n’est pas le plus souvent de produire de la culture. Néanmoins, et même dans les secteurs autres que la culture, d’une part, on trouve de plus en plus de liens avec les activités culturelles, et d’autre part la notion de culture d’entreprise se développe, avec l’apparition de chartes définissant les valeurs partagées des personnes travaillant dans une même entreprise.

Historiquement, ce fut la création des comités d’entreprise qui permit d’abord aux employés de bénéficier d’activités culturelles proches de leur lieu de travail (prêt de livres, de disques…).

Plus récemment, les activités de mécénat se sont multipliées, afin de renforcer l’image des entreprises : par exemple le sport (voile, tennis, football, cyclisme…), pour donner une image d’esprit d’équipe.

Le mécénat tend à s’ouvrir aujourd’hui à des activités plus artistiques. On peut voir par exemple des entreprises privées participer à l’organisation d’expositions. Ainsi une entreprise du secteur pétrolier peut trouver des intérêts à participer à des expositions en relation avec la culture arabo-musulmane par exemple.

Dans le cadre de stratégies de développement durable et de responsabilité sociétale, on trouve aujourd’hui une multiplication des messages des entreprises autour de chartes d’entreprise, et de mécénats culturels ou sociaux. Ces différents aspects ont pour objectif de renforcer l’image de l’entreprise.

Ce type d’activité est très naturel aux États-Unis, où les relations entre entreprises et ONG s’établissent facilement. Ce mode de fonctionnement décentralisé et privé n’est pas encore totalement passé dans les mœurs dans beaucoup de pays européens, particulièrement en France, où la puissance publique, on l’a vu, joue traditionnellement un rôle important. Les ONG culturelles peuvent pourtant favoriser l’éducation dans les pays en développement (en Afrique par exemple), et renforcer les liens.

Néanmoins, si l’entreprise considère le mécénat comme de la communication pure dans ses rapports d’activité annuels (voir responsabilité sociétale), cela peut cacher dans certains cas des insuffisances dans les stratégies.

La culture d’entreprise, impulsée par les décideurs, et expliquée aux employés et aux parties prenantes de l’entreprise, devrait ainsi participer, d’une manière générale, à la construction d’une culture stratégique d’entreprise.

Évolution, diffusion et sélection culturelles 

Principes généraux de l’évolution culturelle  

Les cultures concernant la seule espèce humaine, et que l’on peut repérer dans le vivant au lien étroit qu’elles entretiennent avec le langage symbolique et avec les formes spécifiques d’organisation, les techniques et technologies qui en découlent, se modifient sans cesse depuis leur émergence, il y a plusieurs centaines de milliers d’années. Elles se situent dans le prolongement des cultures des primates qui furent nos ancêtres, et qui ressemblaient plausiblement en partie à celles qui sont encore celles de « nos cousins » les grands singes. Toutefois, entre l’utilisation de la voix (dans l’aria des gibbons) ou le recours à l’instrumentation simple, voire même jour de relations sociales très complexes (chez les chimpanzés), et le fonctionnement découlant d’une interposition d’une grille de signifiants commune entre les individus d’une même société et le monde, il existe une rupture. Celle-ci est difficilement niable, quels que soient les efforts -méritoires et fort utiles – pour abolir la notion de « propre de l’homme », qui reste à expliquer, notamment pour ce qu’il a entraîné une divergence assez extraordinaire entre le destin de notre espèce et ceux des autres, les plus proches.

Il se manifeste deux lignes d’analyse antagoniques sur ce problème : l’une met en avant légitimement l’appartenance de l’humanité à la nature, et se défie des préjugés religieux (préférant situer l’origine de l’homme dans une décision divine), ou de la réticence largement partagée à accepter que nous sommes aussi une espèce animale. La seconde, fondant les sciences humaines et sociales, tente de résister à un « naturalisme » réducteur en défendant leur domaine propre, irréductible à d’autres niveaux de réalité : le domaine d’une anthropologie qui trouve précisément son territoire dans l’étude de ce que l’homme ne partage pas avec les autres animaux. Il faut sans doute dépasser les formes dogmatiques de cet antagonisme inévitable pour définir plus finement le rapport entre « continuité naturelle » entre cultures des primates et cultures humaines, et l’apparition d’une divergence spécifique. Pour ce faire, on peut recourir jusqu’à un certain point à l’analogie entre la « longue évolution » (du vivant) et la « très courte » (de la culture humaine) : des biologistes (comme Jean Claude Ameisen) ont étudié l’histoire des bactéries, afin de comprendre l’incroyable complexité des mécanismes assurant vie et mort des cellules dans les organismes multicellulaires. Ils concluent à la nécessité de reconstituer des « époques disparues », pour interpréter la situation présente, et comprendre des phénomènes cle cancer. D’autres biologistes se sont intéressés davantage à l’histoire des espèces elles-mêmes : dans tous les cas, l’analogie avec les histoires humaines se révèle heuristique, quitte à payer le prix de l’anthropomorphisme en dotant les gènes ou les cellules de traits humains intentionnels comme des « intérêts », ou des « stratégies ». En revanche, les spécialistes des sciences humaines utilisent peu le recours aux savoirs biologiques. Ils ont sans doute tort en partie, mais leurs arguments n’ont rien à voir avec une variante du « Créationnisme«  : ils tentent seulement de mettre au point des outils d’analyse qui ne soient pas d’abord importés d’autres disciplines, alors que dans leur propre domaine (notamment pour la période de moins de 30 000 ans pour laquelle ils disposent de traces incontestables de la culture symbolique : rites funéraires, représentations, systèmes de signes), la diversité et la confluence, bref le mouvement des cultures, semble obéir en priorité à des lois spéciales.

Analogies avec l’évolution biologique

Tout comme il y a une évolution biologique, certains éthologues, ainsi que plusieurs généticiens, estiment qu’il y a une évolution culturelle, et que cette évolution se fait par mutation, puis est transmise par des « gènes » de la culture, appelés mèmes, qui subissent une pression sociale et environnementale, aboutissant à leur disparition ou au contraire à leur expansion (propagation).

La spécificité durable des cultures humaines est qu’elles fonctionnent comme des « conversations politiques » entre positions différentes, des processus de propositions-objections, réorganisant constamment les collectifs sociaux. La disparition d’une culture n’est donc pas nécessairement la « mort » d’un organisme, mais le passage à une autre configuration conversationnelle ; l’abandon de certaines métaphores collectives pour d’autres. L’analogie avec l’évolution des formes vivantes demeure intéressante et fructueuse car, comme les cultures langagières humaines, les espèces biologiques sont les produits d’une histoire : elles ne « meurent » pas comme les organismes, mais se transforment. Comme l’a montré l’anthropologue britannique Mary Douglas, aucune culture humaine n’est « homogène » : elle résulte toujours d’une différenciation interne entre partisans (ou adeptes) de valeurs plus individualistes, de valeurs plus collectives, de solutions organisationnelles hiérarchiques et enfin de formes de résistance passive ou active à toutes les valeurs en vigueur. Même dans les sociétés dites — à tort — « primitives » et supposées « sans histoire », il n’existe pas de stabilité culturelle, de consensus sans résistance, d’unicité sans variations individuelles ou collectives. De la même façon, il n’existe pas d’espèces « homogènes » constituées d’individus tous identiques, toute espèce se caractérise en effet par un répertoire de gènes communs mais aussi une diversité génétique entre les individus qui la composent. Dans une espèce donnée, l’apparition et la diffusion de nouveaux allèles résultera d’une compétition au sein du pool génétique, elle aussi marquée par une « résistance » au changement quantifiable en termes de dérive et d’antidérive génétique.

L’analogie entré évolution biologique et évolution culturelle doit toutefois être mesurée : il ne s’agit pas des mêmes espaces de temps, l’évolution du vivant courant sur des centaines de millions d’années, alors que les cultures humaines se distinguent des cultures des autres primates par le fait qu’elles se développent probablement seulement depuis quelques centaines de milliers d’années, certains linguistes datant même l’émergence du langage symbolique à moins de 60 000 ans.

Une autre différence substantielle, entre évolution des vivants et évolution des cultures humaines, est leur tendance à s’organiser sur certains plans en une « culture mondiale » unitaire : or si la vie ne se reproduit et n’évolue que par la mise en compétition d’une multitude d’espèces et d’organismes, elle ne connaît pas l’organisation unique. L’idée même d’une unique espèce ou d’un unique organisme serait absurde. On peut d’ailleurs s’interroger sur le sens que peut prendre la tendance à une société « planétaire ».

Coévolution gène-culture

D’autres liens plus directs ont été proposés entre l’évolution des cultures humaines et l’évolution biologique de l’espèce humaine sous le concept de coévolution gène-culture. Selon cette théorie développée par les sociobiologistes Charles J. Lumsden et Edward O. Wilson au début des années 1980, les traditions culturelles peuvent être décomposées en culturgènes c’est-à-dire en petites « unités » de culture. La transmission culturelle est donc fortement influencée par la nature de l’esprit humain qui est le produit d’une évolution biologique. Mais réciproquement, un comportement culturel peut aussi favoriser évolution génétique via la stabilisation de certains gènes qui donnent un avantage adaptatif dans le groupe où ce comportement culturel est observé.

Histoire et devenir des cultures humaines   

Depuis que les primates humains ont adopté le langage symbolique pour représenter leurs relations, celui-ci les a entraînés dans un mouvement rapide qui les distingue des cultures des autres primates (telles que les décrit par exemple l’éthologue Frans de Waal, lorsqu’il parle de « politique du Chimpanzé ») : les mots fixés par les systèmes de signifiants ne sont en effet jamais assez précis et englobants pour empêcher la controverse. Ainsi l’histoire des cultures (à commencer par celle des mythes étudiés par Claude Lévi-Strauss) est-elle celle d’une sorte de « course-poursuite » entre différentes façons de « prendre la vie ».

Il est possible que la culture mondiale en formation réduise la richesse des possibilités des milliers de cultures encore existantes, mais elle pourra difficilement absorber dans un modèle unique les différentes « passions fondamentales » dont elle est le lieu d’expression, non seulement dans l’art ou la religion, mais aussi dans l’activité pratique et dans le débat politique.

Culture et transmission, la Toile

Conscients de l’importance des médias (journaux, radio, téléphone, télévision, …), dans la diffusion de la culture, les gouvernements ont souvent eu la tentation de contrôler la diffusion des informations par la prise de contrôle des médias. Cela prit parfois des formes de propagande, soit via l’art, ou la nationalisation des moyens de diffusion par l’État.

À l’époque du web, l’approche moderne pour appréhender la diffusion de la culture par les médias, mais aussi par la langue, est sans doute celle de la médiologie. Ce qui caractérise aujourd’hui la diffusion par les médias, spécifiquement internet, c’est que l’individu n’est plus seulement destinataire de l’information (radio, télévision) ou émetteur dans une relation un à un (téléphone). Il peut aussi émettre à un grand nombre d’individus, par le biais de forums, messageries, blogs…

Cette forme de communication fait penser à l’apparition de l’imprimerie au XVe siècle. On sait comment cette forme de diffusion bouleversa la société européenne, pour finalement assurer un fort développement lors de la Renaissance, à travers les grandes découvertes.

À notre époque, nous vivons un passage de la culture de l’écrit à une culture de l’information codée numériquement sur support électronique : disque, CD-ROM, diffusion par internet… Cette transformation radicale n’est pas sans poser des problèmes de propriété intellectuelle pour les artistes. Par exemple, l’industrie du disque peut être gravement menacée par la multiplication des actes de piratage.

Un autre aspect significatif de cette mutation est le fait que les bibliothèques sont maintenant amenées à s’ouvrir aux médias numériques. On appelle de plus en plus les bibliothèques des médiathèques, puisque le support du média n’est plus seulement le papier, mais un support numérique. Il s’agit alors de bibliothèques numériques. La sélection sur critères des ouvrages sur des écrans informatiques permet de trouver plus facilement l’ouvrage dans les rayonnages, et l’information recherchée.

Lorsque la médiathèque renferme des jeux, il s’agit alors d’une ludothèque.

Le nombre de sites web dans chaque pays, et notamment le nombre de sites web par habitant, est un indicateur de la diffusion contemporaine de la culture, autour de la langue.

Régis Debray pense que la transmission de la culture comporte une forte composante de croyance et de sacré. Selon lui, après deux premières révolutions, celle du codex (la Bible), et celle de l’imprimerie, l’humanité vit aujourd’hui une nouvelle révolution qui s’appuie sur les technologies de l’information et notamment sur la Toile [9]

Culture et zones de contact entre civilisations

L’Histoire montre que les zones de contact entre civilisations peuvent être sources de conflits, ou au contraire extrêmement fructueuses sur le plan des échanges culturels.

On peut citer par exemple les échanges maritimes dans la Grèce antique entre les cités et leurs colonies (Élée, Phocée…), dans la Rome antique, Venise, les zones de contact en Espagne entre musulmans et chrétiens (Califat de Cordoue), la Syrie après les conflits des Croisades, la route de la soie, le royaume de Roger II de Sicile (qui apporta une connaissance cartographique précieuse à l’occident à partir du savoir arabo-musulman, à Palerme), les voyages de missionnaires et d’explorateurs, le commerce à partir de Bruges (villes hanséatiques et relations maritimes avec le sud de l’Europe), le protectorat français au Maroc

C’est par ce type d’échanges que de nombreux traités scientifiques et philosophiques sont parvenus en occident, depuis la Grèce antique, l’Asie, la Mésopotamie, l’Inde, ainsi que des techniques très utiles : boussole, sextant, informations cartographiques, papier, imprimerie, chiffres « arabes »…

Culture générale d’un individu

La culture d’un individu, aussi appelée culture générale, correspond à l’ensemble des connaissances qu’il a sur le monde.

Elle est en partie construite par l’éducation et l’enseignement, mais comprend de surcroît une part de construction active de la part de l’individu. Elle comprend aussi une dimension de structuration de l’esprit, vis-à-vis de l’ensemble des connaissances : La culture est ce qui reste lorsque l’on a tout oublié (attribué en général à Édouard Herriot). Cette structuration donne au sujet cultivé la capacité de rattacher facilement un quelconque domaine d’étude à ses connaissances. C’est la culture générale.

Ainsi, la culture générale peut inclure des connaissances aussi diverses que l’Histoire, la musique, l’art, la littérature, les sciences, l’astronomie, la géographie, la philosophie, le cinéma, le sport

On voit cependant que cette conception de la culture, qui peut paraître élitiste, correspond en fait à la définition de la culture individuelle. Les cultures de différents groupes sociaux (culture populaire par exemple) peuvent comporter des formes de connaissances plus variées ou plus particulières.

Par rapport à ces formes de culture, la culture générale est le fond de culture minimal que devrait posséder un individu pour pouvoir s’intégrer dans la société.

Notes

  1. définition de l’UNESCO de la culture, Déclaration de Mexico sur les politiques culturelles. Conférence mondiale sur les politiques culturelles, Mexico City, 26 juillet – 6 août 1982.+.
  2. Le terme allemand Weltanschauung ou « vision du monde » est aussi utilisé en psychologie allemande, avec Erich Fromm, par exemple. Il correspond à la « construction de l’intérieur » ou « instruction » du Bildung.
  3. (voir aussi Kultur (Begriffsklärung))
  4. Source : Wikipedia anglophone et Hoult, T. F, ed. 1969. Dictionary of Modern Sociology, p. 93
  5. Source : Wikipedia anglophone et Forsberg, A. Definitions of Culture [archive]
  6. Voir le site de l’observatoire européen du plurilinguisme [archive] et la déclaration de Montréal.
  7. Pour plus de détails, voir Définition du patrimoine culturel immatériel selon l’UNESCO
  8. La nécessaire compréhension entre les sexes, Paul-Edmond Lalancette, p. 144, Québec, 2008.
  9. Régis Debray, Transmettre, Odile Jacob, 1997, traduit en anglais en 2000 sous le titre de Transmitting culture.

Bibliographie

  • Mario d’Angelo, Isabelle Goubie, Diversité culturelle et dialogue des civilisations, l’évolution des concepts de 1990 à 2001, coll. Innovations & Développement, Idée Europe, Paris, 2002
  • Jérôme Clément, La Culture expliquée à ma fille, Paris, Plon, 2000 (ISBN 2020395886)
  • Jacques Demorgon, Complexité des cultures et de l’interculturel. Contre les pensées uniques, Economica, 2004.
  • Jacques Demorgon, L’histoire interculturelle des sociétés. Pour une information monde, Economica, 2002.
  • Jacques Demorgon, Critique de l’interculturel. L’horizon de la sociologie. Economica, 2005.
  • Jacques Demorgon, Les sports dans le devenir des sociétés, L’Harmattan, 2005.
  • Régis Debray, Transmettre, Odile Jacob (1997), traduit en anglais en 2000 (transmitting culture).
  • R. Boyd, J. Silk, L’Aventure humaine : des molécules à la culture, Bruxelles, 2004, trad. de la 3e éd. [ISBN 2-8041-4333-3].
  • D. Cuche, La Notion de culture dans les sciences sociales, Paris, 2004, 3e éd. (Repères, 205) [ISBN 2-7071-4264-6].
  • Jean Dubuffet, Asphyxiante culture, Édition de Minuit, Paris, 1986 [ISBN 2-7073-1084-0]
  • Paul-Edmond Lalancette, La nécessaire compréhension entre les sexes, Québec, 2008, p. 100 à 150, ISBN: 978-2-9810478-0-9.
  • Peter Sloterdijk, La Domestication de l’être, Édition Mille et une nuits, 2000 [ISBN 2-84205-503-9]
  • Paul Claval : géographie culturelle
  • D. Lestel, Les Origines animales de la culture, Paris, 2003 (Champs, 543) [ISBN 2-08-080069-8].

Sur les institutions culturelles

Sur les politiques culturelles :

  • Mario d’Angelo, Paul Vespérini, Les politiques culturelles en Europe, éditions du Conseil de l’Europe, Strasbourg, 1998-2001 (4 vol.)
  • Philippe Poirrier, L’État et la culture en France au XXe siècle, Paris, Le Livre de Poche, 2006.
  • Philippe Poirrier, Art et pouvoir de 1848 à nos jours, Cndp, 2006.
  • Philippe Poirrier, Les Politiques culturelles en France, Paris, La Documentation française, 2002.
  • Philippe Poirrier (éd.), Politique culturelle et patrimoines, Culture & Musées, janvier-juin 2007, n°9.
  • Serge Regourd, L’Exception culturelle, Paris, Puf, 2002.
  • J.M. Tobelem, P. Ory, L’Arme de la culture. Les stratégies de la diplomatie culturelle non gouvernementale, Paris, L’Harmattan, 2007, 264p.
  • Les pratiques de régulation (grammaticale, juridique, économique, technique, etc.) organisent les êtres humains selon des rapports prédéterminés, mesurables et prévisibles.

Il est sans doute difficile – sinon impossible – d’empêcher que chacun de ces domaines prétende opposer sa propre conception de la culture aux autres.

Par ailleurs, chaque société humaine possède sa propre culture, cherche à la distinguer des autres et admet plus ou moins en son sein, l’existence de cultures différentes. Le multiculturalisme est une démarche qui insiste sur l’existence, dans un cadre politique souple et ouvert, d’une multitude de cultures qui se rencontrent, s’opposent, se mélangent et, finalement, se transforment et évoluent. L’une des questions de cette orientation, en phase avec le phénomène de la mondialisation, est qu’on ne saurait dire si cette évolution va vers plus de diversité, vers de nouvelles diversités, ou vers une standardisation plutôt appauvrissante.

AGRICULTURE

8 septembre, 2009

Agriculture

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Culture intensive de pomme de terre en plein champ

L’agriculture (du latin agricultura) est un processus par lequel les hommes aménagent leurs écosystèmes pour satisfaire les besoins de leurs sociétés[1]. Elle désigne l’ensemble des savoir-faire et activités ayant pour objet la culture des terres, et, plus généralement, l’ensemble des travaux sur le milieu naturel (pas seulement terrestre) permettant de cultiver et prélever des êtres vivants (végétaux, animaux, voire champignons ou microbes) utiles à l’être humain.

L’agronomie regroupe, depuis le XIXe siècle, l’ensemble de la connaissance biologique, technique, culturelle, économique et sociale relative à l’agriculture.

En économie politique, l’agriculture est définie comme le secteur d’activité dont la fonction est de produire un revenu financier à partir de l’exploitation de la terre (culture), de la forêt (sylviculture), de la mer, des lacs et des rivières (aquaculture, pêche), de l’animal de ferme (élevage) et de l’animal sauvage (chasse). Dans la pratique, cet exercice est pondéré par la disponibilité des ressources et les composantes de l’environnement biophysique et humain. La production et la distribution dans ce domaine sont intimement liées à l’économie politique dans un environnement global.

Histoire de l’agriculture

L’agriculture est née avec la mise en terre de semence ou graine par l’homme. Au début, Moyen-Orient, ainsi qu’en Nouvelle-Guinée.

Aujourd’hui, avec la démographie galopante, l’augmentation du niveau de vie des pays les plus développés et la mondialisation des marchés, l’agriculture est l’Homme et son Environnement, dans le domaine de l’agriculture mais également dans le cadre de toutes les activités humaines.

Production agricole  

Types de production agricole [modifier]

L’activité agricole assure principalement l’alimentation des humains. En outre, l’agriculture produit un nombre important de produits tels que des peaux d’animaux, des engrais, des produits destinés à l’industrie (éthanol, fécule, chanvre), des plantes vertes et fleurs, du bois. Elle représente un maillon indispensable dans la chaîne agroalimentaire, en lui assurant l’approvisionnement en matières premières (fécule, oignon, céréale, fruit, etc.).

La délimitation précise de ce qui entre ou non dans le champ de l’agriculture conduit à de nombreuses conventions qui ne font pas toutes l’objet d’un consensus. Certaines production peuvent être considérées comme ne faisant pas partie de l’agriculture : la mise en valeur de la forêt (sylviculture), l’élevage d’animal aquatique (aquaculture), l’élevage hors-sol de certains animaux (volaille et porc principalement), la culture sur substrat artificiel (cultures hydroponiques)… Mis à part ces cas particulier, on distingue principalement la culture pour l’activité concernant le végétal et l’élevage pour l’activité concernant l’animal.

La culture, ou production végétale, est divisée en grandes cultures (blé, maïs, des légumes), arboriculture fruitière, viticulture (production du raisin), sylviculture et horticulture.

L’élevage, ou production animale, vise à faire naitre et élever des animaux pour la consommation directe (viande) ou pour leurs produits (lait, œuf, laine, miel, etc). Les exploitations agricoles peuvent par exemple orienter leur production vers les bovins, les porcins, les ovins/caprins ou les granivores.

Exemple de produit primaire pour l’alimentation humaine ou animale : bœuf, veau, cochon, poulet, lapin, cheval, agneau, canard, dinde, oie, escargot, …
Exemple de produit secondaire : miel, lait et autres produits laitiers, foie gras, soie, laine, …

 

Complexité agricole [modifier]

De nombreux facteurs interviennent dans l’agriculture en favorisant ou perturbant la production :

  • l’eau en termes de disponibilité au moment opportun mais aussi en termes de qualité
  • le climat et ses variations inattendues (chaleur, sécheresse, pluie, grêle, gel et autres calamités climatiques)
  • le sol
  • les espèces végétales
  • les espèces animales
  • les prédateurs (parasites, maladies, et consommateurs de toute sortes : végétaux, insectes, animaux sauvages…)
  • la mécanisation agricole
  • l’agronomie (fertilisation, biologie, génétique, etc)
  • et globalement tout l’environnement socio-économique (prix du pétrole, législation, consommateur, gouvernement, etc.).

De ce fait, l’agriculture est le domaine le plus ancien et le plus complexe du monde civilisé, mais aussi le plus impacté par les techniques modernes et les aspirations de l’Homme.

Système agricole

On distingue plusieurs systèmes agricoles selon leur mode de fonctionnement et leur impact socio-économico-environnemental :

Technique agricole 

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L’agriculture hors-sol : culture successivement hydroponique, aéroponique, puis ultraponique.

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Pulvérisation d’un champ par avion, dans l’Illinois, aux États-Unis.

Les procédés qui ont permis à l’agriculture de faire de grands progrès (par ordre alphabéique) :

Agriculture et environnement

Article détaillé : Agriculture durable.

L’agriculture moderne a indéniablement permis d’augmenter la production agricole, tout en améliorant globalement la sûreté alimentaire, mais l’agriculture industrielle intensive est de plus en plus critiquée en raison des dégradations de l’environnement dont elle est parfois responsable, de sa dépendance croissante au pétrole, ainsi que de la survenue récente de crises alimentaires assez sérieuses pour inquiéter l’opinion publique.

En France, René Dumont, un ingénieur en agronomie et sociologue célèbre, fut l’une des premières personnes à dénoncer les dégâts considérables de la « révolution verte », et à lutter contre le productivisme agricole.

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Rendements de blé dans les pays en développement (1950-2004)

Parmi les impacts environnementaux, les plus cités sont

Enfin, l’agriculture produit également des déchets. Elle est une source importante d’ammoniac et de méthane (gaz à effet de serre 21 fois plus puissant que le CO2).

Pour enrayer l’érosion du sol, certains agriculteurs abandonnent le labour pour le semis direct, qui limite aussi l’utilisation du tracteur et donc diminue les émissions de CO2. Aux États-Unis en 2005, 15 % des terres arables étaient traitées de cette façon.

L’utilisation des organismes génétiquement modifiés (O.G.M.) dans certains pays, tels que les États-Unis, le Canada, le Mexique ou la Chine, et les risques potentiels qui leur sont associés sont également sujets à de nombreuses discussions.

Ces dernières années ont également été en Europe l’objet de plusieurs crises touchant à la sécurité alimentaire : bœuf aux hormones, poulet aux dioxines, vache folle et maladie de Kreutzfelt-Jakob, contaminations bactériennes d’aliments (fromage par listeria).

La plupart de ces maladies étaient déjà présentes dans les siècles précédents. La « tremblante du mouton » (la variante ovine de la maladie de la vache folle), la listeria ou la salmonelle ne sont pas des problèmes récents. Ils apparaissaient autrefois de manière bien plus fréquente et souvent plus tragique que maintenant. En effet, de gros progrès ont été faits en matière d’hygiène et de contrôle bactérien des produits alimentaires. Mais la massification de la fabrication et de la vente des aliments font qu’un seul incident peut toucher un très grand nombre de personnes. Le caractère exceptionnel des problèmes, le nombre de personnes potentiellement touchées, la médiatisation alarmiste tendent à marquer les esprits. Néanmoins, le nombre de morts par intoxication ou empoisonnement lors de ces affaires « médiatiques » est extrêmement faible.

Ces derniers événements ont pour conséquence la mise en place croissante de systèmes de traçabilité qui offriraient à terme des garanties sur la qualité sanitaire du produit.

L’étiquetage devrait permettre au consommateur de décider s’il prend le supplément de risques inhérent à une agriculture intensive ou accepte le prix plus élevé qui accompagne l’émergence ou le développement de techniques agricoles alternatives, telles que l’agriculture biologique, la permaculture, l’agriculture raisonnée et l’agriculture de précision.

L’agriculture constitue un champ multidisciplinaire, qui se recoupe avec des domaines tels la botanique, la zootechnie, la phytotechnie, les sciences alimentaires, la géologie, la pédologie, l’hydrologie, la microbiologie, les biotechnologies, l’économie, les statistiques, la sociologie. Depuis les années 1990, des expériences de monitoring de la biodiversité[2] se mettent en place, qui ont permis notamment de quantifier les impacts de l’agriculture intensive et de mettre en évidence certains intérêts de l’agriculture biologique.

 

Agriculture et biodiversité

Outre son importance pour la conservation de la diversité génétique des variétés anciennes, l’agriculture joue parfois un très grand rôle pour la protection de diversité biologique : La Commission européenne combine trois grands grands critères pour mesurer l’intérêt d’un espace agricole en termes de contribution à la préservation de la biodiversité. Les zones ayant le score le plus élevées sont dites « à haute valeur naturelle »[3] [4]. 10 % à 30 % des terres agricoles méritent ce titre en Europe. En France, 84 % des surfaces classées en « haute valeur naturelle » sont en montagne ou moyenne montagne (Alpes, Corse, Franche-Comté, Massif central, Pyrénées…). Ce sont surtout des zones d’élevage extensif en plein air caractérisées par une faible densité de chargement (bétail) à l’hectare, peu ou pas d’intrants chimiques et presque toujours une utilisation plus importante de main-d’oeuvre agricole.

L’Europe réoriente des subventions particulières vis a vis des agriculteurs qui font un effort pour l’environnement. Les mesures agrienvironnementales et l’agriculture biologique sont plus ou moins encouragées et développées selon les pays (2% des cultures dans la zone OCDE sont « bio », jusqu’à 6 % dans certains pays).

Échange agricole 

Les échanges agricoles représentent 8,8 % des échanges mondiaux. Ils restent très marquées par l’impact des subventions agricoles des pays développés. Cela dit, il faut nuancer ce chiffre : les échanges liés à l’industrie agro-alimentaire, intimement liée à l’agriculture, sont loin d’être négligeables.

Agriculture et réchauffement climatique

* Lors de la canicule de 2003, un excès de température de 3.6 °C par rapport aux températures moyennes de saisons en France avaient fait diminué les rendements agricoles de 30% pour le maïs, 21% pour le blé et 25% pour les fruits.[réf. nécessaire]

Bibliographie

Histoire de l’agriculture

Ouvrages classiques

Ouvrages contemporains

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21 août, 2009

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